• Les yeux, miroirs de l'âme...

    L'intérêt manifesté par le surréalisme pour l'inconsient s'exprime dans des poèmes lyriques et intimistes. Dans Capitale de la douleur, Paul Eluard évoque une vie sentimentale douloureuse.  

    Capitale de la douleur

    Les yeux toujours purs

    Jours de lenteur, jours de pluie,
    Jours de miroirs brisés et d'aiguilles perdues,
    Jours de paupières closes à l'horizon des mers,
    D'heures toutes semblables, jours de captivité,

    Mon esprit qui brillait encore sur les feuilles
    Et les fleurs, mon esprit est nu comme l'amour,
    L'aurore qu'il oublie lui fait baisser la tête
    Et contempler son corps obéissant et vain.

    Pourtant j'ai vu les plus beaux yeux du monde,
    Dieux d'argent qui tenaient des saphirs dans leurs mains,
    De véritables dieux, des oiseaux dans la terre
    Et dans l'eau, je les ai vus.

    Leurs ailes sont les miennes, rien n'existe
    Que leur vol qui secoue ma misère,
    Leur vol d'étoile et de lumière
    Leur vol de terre, leur vol de pierre
    Sur les flots de leurs ailes,

    Ma pensée soutenue par la vie et la mort.

                                                        Paul Eluard


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :